© 2018 by Anna L'hospital.
 

ÉTAT 1

Tel un courant d'ait,

Elle entre-ouvre

Elle se faufile dans les interstices.

 

Elle est la pièce qui fait point de bascule dans un jeu d'équilibre.

Elle est une forme conductrice

Qui enclenche un rapprochement entre deux formes.

Elle forme un chemin

Parfois électrique, détonnant, ou éclatant.

Ainsi, elle tend à l'explosion des résistances entre plusieurs formes.

Provocante, elle est le vecteur qui change le sens des formes,

Elle est l'élément perturbateur au bon déroulement d'un mouvement.

Elle bouleverse les points de vue

Pour faire proposition d'une ligne alternative.

ÉTAT 2

C'est en se reflétant dans ce qui ponctuera son chemin

Que se dessine son contour :

Une suite de points éclatés dans l'espace.

Suivant la capacité de sa forme d'origine,

Suivant les courbures qui lui sont possibles,

Elle se penche vers leur rencontre.

En quête d'intégrer en sa forme, cette nouvelle constellation,

Elle doit tendre à épouser les courbes de leur vibration,

Laquelle, entraîne une résonance tant sonore que linéaire

Sur son contour.

ÉTAT 3

Pour permettre à sa projection d'arriver jusqu'à elle.

C'est immobile qu'elle flotte dans l'espace,

Se préparant à accueillir son nouveau dessin.

Inconstante, elle a du mal à se concentrer en cette nouvelle forme.

C'est ainsi que parfois, elle rencontre un reflet,

Qu'elle jettera alors, instantanément, loin d'elle.

Pour garder en sa forme ce reflet,

Elle doit alors :

Se distendre dans le temps,

Et attendre de pouvoir se refléter à nouveau.

ÉTAT 4

Informelle,

Se trace la ligne.

Tantôt une marge, tantôt un gribouillis,

Elle appartient au mouvement.

Indéfinissable,

Elle est l'entrelacement d'elle-même,

Refusant, encore et encore, la fermeture de sa boucle.

Ce tracé existe dans son déroulement infini, 

Toujours dans une réinvention de sa ligne.

Elle est le processus qui mène certains dessins,

A trouver leur forme ultime.

ÉTAT 5

Telle une décalcomanie,

Certaines formes portent en elles,

Des images aujourd'hui éteintes,

Qu'elles transfèrent alors à d'autres.

Habitables des temps passés,

Elles les accueillent en leur sphère,

Le temps d'un dessin.

Élastiques, elles forment une boucle,

Au sein de laquelle, dialoguent les formes invitées,

Lesquelles influencent leur dessin à venir.

C'est lors d'un travail de digestion de ses semblables,

Que leur changement de forme se dessine

Se concentrant sur leur réincarnation.

ÉTAT 6

Tendre à se définir,

Tient à une ligne tendue dans le vide.

En équilibre,

Entre la forme repliée et la forme souple,

Sa tension est telle, qu'elle ne sait vers laquelle s'étendre.

Lorsque cette tension tend à disparaître,

Elle cède alors sa place à l'évidence.

 

De l'inattendue, la ligne s'abandonne :

Apparaît donc, une forme libérée de toutes contraintes,

Connectée à son essence pure.

ÉTAT 7

Désirant refléter telle ou telle forme,

C'est emmêlée qu'elle tombe alors en disgrâce,

Le reflet étant loin de réfléchir,

La véritable image à laquelle se connecter.

Tel un mirage,

Elle se ponctue d'a priori.

Et dessine dans son élan,

Sa déformation.

ÉTAT 8

Prise dans le mouvement,

Elle cherche ses marques.

C'est par l'immersion de sa forme,

Dans l'espace qui l'entoure,

Qu'elle cherche sa connexion,

Entre sa ligne et son centre.

Pour échapper au décor,

Elle se concentre alors sur elle-même,

L'amenant à se rencontrer, encore et encore

Et à placer un point final sur son centre.