
Démarche artistique
Je prélève les empreintes des lieux pour comprendre la manière dont la mémoire se reconstruit à partir de leurs traces. L’empreinte est le point de départ de ma pratique. Elle conserve une présence physique du lieu tout en ouvrant un espace où se croisent mémoire, disparition et transformation.
À travers le dessin, le frottage, la photographie et l’installation, je collecte des fragments du réel que je transforme en images à la frontière entre mémoire, et perception.
Les paysages en mutation sont au cœur de ma recherche. Mon intérêt pour les arbres, les architectures et les espaces habités trouve son origine dans une histoire familiale profondément liée à la sylviculture. Cette sensibilité nourrit aujourd’hui une pratique où la matière porte les marques du temps, de l’érosion et de la transformation. Chaque œuvre interroge ce qui persiste lorsqu’un lieu change, disparaît ou continue d’exister à travers la mémoire.
Le dessin occupe une place centrale dans ce processus. Réalisé par superpositions de couches, de frottages, de transferts photographiques, de peinture ou de papier adhésif, je ne cherche pas à reproduire fidèlement une image, mais à révéler ce que le souvenir en retient. Les absences, les décalages et les zones incomplètes deviennent des espaces ouverts où chacun peut projeter sa propre mémoire.
Depuis 2025, cette recherche s’étend à une pratique de l’entretien et de l’écriture. Avec La Juste Trace, je développe un projet au long cours qui réunit artistes, chercheurs, et professionnels de différents horizons afin d’explorer les traces que nous voulons laisser derrière nous et celles que nous voulons transmettre.
Diplômée de la Haute École des Arts du Rhin (HEAR) en 2020, je développe cette recherche au fil d’expositions, de résidences et de collaborations avec des institutions culturelles et patrimoniales, en France comme à l’international.
SÉLECTION D’EXPOSITIONS & RÉSIDENCES
Septembre 2021 – Château d’Asnières – « Les traces de l’écoulement du temps » (92)
Pour ma première exposition personnelle lors des Journées Européennes du Patrimoine, j’ai présenté Le Lit de la rivière, une empreinte qui redonne symboliquement l’eau aux pierres d’un cours d’eau asséché au pied de mon village natal. J’ai conçu cette installation en utilisant un papier parcheminé et translucide, dont la texture ne se révèle pleinement qu’une fois imbibée d’eau, recréant ainsi le geste même de l’empreinte et la mémoire du passage de l’eau.
Novembre 2021 – Toulon (83)
Invitée par l’association du Metaxu lors du festival de dessin contemporain, performance et musique VRRRAIMENT!, j’ai réalisé l’empreinte d’une Porte Marseillaise, un élément architectural traditionnel de la région. Située dans les rues attenantes à la place du Globe, où se déroulait le festival, cette porte, bien que toujours présente, est peu à peu tombée dans l’oubli. À travers cette empreinte, j’ai cherché à révéler sa présence discrète et à raviver la mémoire de ce détail architectural ancré dans le paysage urbain.
Avril 2022 – Chapelle Saint-Jean – La Garde-Freinet – « Les Brûlés » (83)
Invitée en résidence par Les Amis de la Chapelle Saint-Jean après les incendies qui ont ravagé la plaine des Maures, j’ai cherché à capter l’empreinte de la forêt brûlée, à en conserver la trace avant qu’elle ne disparaisse complètement. À travers une empreinte réalisée sur papier adhésif et un film, j’ai documenté les stigmates du feu sur la faune et la flore, témoignant ainsi de mon engagement envers ces paysages fragilisés et en mutation.
Septembre 2022 – Château de Jossigny – « Sacralités » (77)
Invitée par le Centre des Monuments Nationaux, j’ai réalisé ma seconde exposition personnelle au Château de Jossigny en m’attachant à révéler l’histoire contenue dans ses éléments architecturaux et son mobilier d’époque. À travers des empreintes, j’ai mis en lumière des détails souvent oubliés, comme le Puits de Jossigny, et des pièces de mobilier présentes dans le château, afin de raviver l’attention du public sur ce lieu emblématique du style rocaille et sur les traces du temps qui l’habitent.
Octobre 2022 – Galerie Horae – « L’esprit des forêts » (75)
Autour de Francis Hallé, botaniste spécialiste des forêts primaires et des canopées, la galerie Horae m’a invitée à exposer aux côtés de six autres artistes. J’y ai présenté des mues d’arbres, des empreintes révélant les traces du temps sur l’écorce et la matière, en écho à la mémoire vivante des forêts et aux cycles naturels de transformation.
Mars 2023 – Piscine Georges Hermant – « Mémoires d’eau » (75)
J’ai réalisé une série de grands dessins sur bâche inspirés des scènes quotidiennes observées lors de mes séjours à la Piscine Georges Hermant, dans le 19ᵉ arrondissement de Paris. À travers ces œuvres, j’ai cherché à rendre visible la mémoire de l’eau, un espace où les corps se croisent, se fondent et laissent, jour après jour, une empreinte fugace dans les bassins.
Mars 2023 – Drawing Now Art Fair avec la Galerie Houg (75)
Sur l’invitation de la Galerie Houg, j’ai exposé ma série Les Tiroirs à secrets. Cette collaboration s’est poursuivie avec ma participation à la Art Paris Art Fair en avril 2023, où j’ai présenté mon travail auprès d’un nouveau public.
Septembre 2023 – Plage de l’Amélie – Soulac-sur-Mer (33)
Depuis 2021, je me rends chaque année sur la plage de l’Amélie à Soulac-sur-Mer, dans le Médoc, pour documenter l’érosion du littoral à travers la photographie. Les arbres de la forêt surplombant les dunes s’effondrent progressivement, leurs racines s’entremêlant dans l’argile néolithique mise à jour par l’érosion, leur donnant l’allure de créatures tentaculaires. Ce paysage en perpétuelle mutation abrite également des fouilles archéologiques, menacées de disparition d’ici deux ans en raison d’un projet de ré-ensablement.
Septembre 2023 à janvier 2024 – Galerie Aura (75)
Aux côtés des artistes Olivier Kosta-Théfaine et Eamon O’Kane, j’ai présenté deux nouvelles séries. La première, une série de transferts photographiques capturant les mutations de la plage de l’Amélie, prolonge mon travail d’observation de l’érosion du littoral. La seconde, La Terrasse des Moulièrettes, explore une approche plus picturale à travers des photographies imprimées, recomposées avec des rubans adhésifs colorés et des interventions au feutre. Cette série de monochromes introduit la couleur avec force dans ma pratique, ouvrant de nouvelles perspectives dans mon travail.
Janvier à octobre 2024 – Tour Kupka La défense – Résidence Cartels (92)
J’ai intégré la première promotion de la résidence Cartels, qui transforme les espaces vacants des tours de bureaux de La Défense en lieux de création. Dans cet environnement sans murs, rythmé par de vastes fenêtres closes, j’ai développé mes séries de dessins sur photographies Les Dormeurs et Les Regardeurs, inspirées par les reflets du ciel et des bâtiments dans les façades vitrées. Avant mon départ, j’ai également réalisé l’empreinte des fenêtres et de l’ascenseur de la Tour Kupka, capturant la mémoire discrète de ces espaces de passage.
Février 2024 – Galerie Houg – « Demain je m’en irai » (75)
L’exposition, imaginée en collaboration avec les commissaires Pierre Duval et Felipe Sana, est une carte blanche offerte par la Galerie Houg à Delphine Melliès et moi-même. Conçue comme un voyage ascensionnel, elle explore la montagne comme un espace de recueillement, où se croisent souvenirs, sensations et récits personnels.
Juin à novembre 2024 – Le château de Grimaud et la Maison des Arcades – « Les Disparues » (83)
Invitées par Nicole Mallard, Déléguée culture & patrimoine de la Mairie de Grimaud, Audrey Chevalier et moi avons conçu Les Disparues, une exposition in situ en dialogue avec le village. Centrée sur le château en ruines, elle interroge sa mémoire et les traces effacées de ses états passés. En travaillant à partir de ses pierres, nous explorons les dynamiques de disparition à travers les érosions politique, humaine et naturelle qui ont marqué cette ancienne forteresse médiévale.
Juin 2024 – Galerie Houg – Lyon – « Komorebi » (69)
J’ai collaboré avec la Galerie Houg pour ma première exposition personnelle dans son nouvel espace de 160 m² à Lyon. Le parcours invitait le visiteur à déambuler autour de Le Feu de forêt, une série d’empreintes d’arbres brûlés qui structuraient l’espace. Attachée à une approche immersive, j’ai conçu cette exposition comme un voyage initiatique, menant à la découverte de mes séries Les Dormeurs et Les Regardeurs, des photographies imprimées enrichies de rubans adhésifs colorés et de feutres.
Juillet & octobre 2024 – Espace Jean-de-Joigny – Résidence « Cartographier le territoire » (89)
Je m’intéresse aux cicatrices de la ville, ces traces laissées par le passage des époques, de l’Antiquité à l’époque moderne. À travers mon travail d’empreintes, je me glisse dans les interstices urbains pour en révéler les strates d’histoire et d’architecture. C’est dans cette exploration que j’ai initié mes premières empreintes composites, combinant frottages d’une fenêtre condamnée et transferts photographiques des briques en céramique qui l’entourent, soulignant ainsi la superposition des temporalités dans le paysage urbain.
Janvier 2025 – Résidence à Jardin Rouge avec la Fondation Montresso au Maroc
En résidence à la Fondation Montresso – Jardin Rouge au Maroc, j’ai exploré l’empreinte des portes marocaines et leur relation aux résidents de la fondation, dont j’ai réalisé une série de portraits. Ce travail s’est traduit par de nouvelles empreintes composites, mêlant frottages, dessins, peinture et impressions sur rubans adhésifs colorés. Inspirée par la ciselure et la fragmentation des surfaces dans l’art islamique, j’ai joué avec les jeux d’ombres et de lumières, les découpes et motifs, prolongeant ainsi ma réflexion sur la mémoire architecturale et le passage.
Mai-juin 2026 – Espace Conscious – Exposition personnelle « Les Rémanences » (75)
Première exposition personnelle à Paris sous le commissariat de Camille Merklen, présentant une nouvelle série sur papier kraft dans laquelle empreinte et dessin se rejoignent. À cette occasion, j’ai initié trois tables rondes en écho à mon projet La Juste Trace, consacrées aux questions de la mémoire et de la trace.
Juillet 2026 – 7.5 club – « Notre forêt, poumon planétaire, et ses exploratrices… » (75)
Invitée dans le cadre de l’évènement Notre forêt, poumon planétaire, et ses exploratrices, j’y ai présenté l’installation La forêt brûlée, ainsi qu’une performance de frottage réalisée à partir d’un des arbres du jardin.
PRIX
2021
Nominée au Prix Juvenars, j’ai présenté Faux Semblants, une installation née pendant le confinement. L’œuvre associe l’empreinte d’une amphore et d’un cadre, recouverts d’un texte que j’ai écrit durant cette période, interrogeant ainsi la notion de trace et de mémoire figée dans le temps.
2020
Nominée au Prix Dauphine pour l’Art Contemporain, j’ai présenté La Gloire en duo avec la commissaire Agathe Anglionin. Cette installation, composée d’une soixantaine d’empreintes réalisées à partir de trophées, interroge la symbolique de ces objets et révèle leur part artificielle et éphémère.
2019
Nominée au Prix Art Canister et au Prix Don Papa (1ère édition), présenté par Anastasia Fernandez et Lan Sidobre, j’ai exposé L’Insurrection (1899-1902), également intitulée Renverser la table. Cette œuvre, réalisée à partir du relevé d’empreinte d’une table en bois peinte en rouge, interroge l’histoire des Philippines et le soulèvement contre la colonisation américaine, questionnant les symboles de pouvoir et leur renversement.
PUBLICATION
2026
– Revue Argument, portrait par Axelle Delorme
– Magazine Opale, entretien
– Podcast Focale avec Simon Guesdon
2024
– Anna L’Hospital « panse » Joigny, Véronique Sellès, L’Yonne Républicaine.
– Komorebi (« La lumière du soleil qui filtre à travers les feuilles des arbres ») par Anna L’Hospital à la Galerie Houg, Fabrizio Migliorati, Le Petit Bulletin.
– Anna L’Hospital Imprimer la mémoire, Valérie de Maulmin, Magazine Juillet-août Connaissance des Arts.
– 12 châteaux merveilleux où voir des expos royales cet été dans toute la France, Malika Bauwens, Beaux Arts Magazine.Ces artistes font parler les pierres du château, Carine Roux, Journal Var Matin.
– Film Les Disparues (ce que les pierres taisent), Jean-Marie Bénard, 40:09 HD
2019
Tout savoir sur le Prix Dauphine pour l’art contemporain 2020!, Artsper Magazine
WORKSHOP
Janvier 2025
Atelier collaboratif avec 105 personnes du Crédit Mutuel au Jardiniers Montrouge, en duo avec Agathe Roger.
Octobre – décembre 2024
CLEA, 4 classes de CP à CM2 (15 heures par classe)
Septembre 2022
Médiation pour les scolaires (CE1 à CM2), exposition Sacralités, Château de Jossigny
Septembre 2021
4 ateliers de transmission de la pratique artistique, 15 enfants par atelier, JEP, Château d’Asnières
Juillet 2021
Vacances Apprenantes, école primaire de Champigny-sur-Marne, 7 jours d’apprentissage de réalisation d’un documentaire.
FORMATION
2018 – 2020
DNSEP, Haute École des Arts du Rhin
2014 – 2017
DNAP (Diplôme National d’Art Plastique), Haute École des Arts du Rhin, Strasbourg.
2013
BAC STD2A (Sciences Techniques du Design et des Arts Appliqués), Lycée Maximilien Vox, Paris.
2002 – 2013
Céramique et Dessin, Ateliers du Carrousel du Louvre, Paris.