" Anna L’hospital travaille avec un matériau de prime abord accessible, le scotch, qui lui permet de saisir une forme dans sa simple matérialité. L’objet donné à voir qu’elle recouvre mécaniquement, rendu proche de la peau ou de l’enveloppe sans appui, révèle des aspects insoupçonnés de sa surface. Toutefois il se retrouve métamorphosé par sa soudaine fragilité qui en modifie radicalement la perception, permettant d’obtenir des formes hybrides se rapprochant du simulacre. "

Agathe Anglionin

Architecte

« JE T’AI DANS LA PEAU 

Acte de possession, de prédation, elle ne retient que la peau du corps pour mieux le contempler, en garder des traces, des allures, des postures ; corps de la chaise, du bureau, de la table, du bidon soudain rendus lâches. De ces corps recouverts de scotch, noirci à la mine de plomb ou de graphite, devenus feuilles froissées accrochées au mur ou de ce bidon strié à la scie, se vidant de sa poudre de plastique dispersée au sol, l’émotion est palpable, visible. Pendus ou couchés plus qu’accrochés, ils ont vécu et n’en sont pas revenus. Rentrée chez moi, les meubles retrouvent leur poids, leur solidité mais je les sens plus proches, plus familiers, dotés d’un supplément d’âme. »  

 

Frédérique Bruyas

Lectrice publique

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